Doctorat

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka

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En France, le doctorat, diplôme sanctionnant une expertise dans un domaine de recherche, est le plus élevé des grades universitaires. Correspondant à un niveau bac +8, il revêt différentes modalités. Ooreka fait le point sur les différentes spécificités du doctorat. 

Doctorat : historique et définition

Historique

En France, les premiers docteurs datent du XIIIe siècle, avec l'apparition de l'université de Paris. Les doctorats sont peu à peu conférés dans trois disciplines : d'abord dans le droit, puis en médecine et en théologie. Plusieurs fois remanié depuis, le doctorat est aujourd'hui régi par l'arrêté du 25 mai 2016.

Définition

Le doctorat trône au sommet du système LMD (Licence-Master-Doctorat) mis en place à partir de 2002 au sein de l'Union européenne. Il sanctionne l'obtention d'un diplôme universitaire de niveau bac + 8, en principe après trois années de recherche postérieures à l'obtention du grade de master. Le doctorat achève le troisième cycle de l'enseignement supérieur. Il sanctionne une formation par la recherche, à la recherche et à l'innovation et une expérience professionnelle de recherche.

Près de 15 000 doctorats sont délivrés en France chaque année :

  • 46 % en sciences et techniques ;
  • 20 % en biologie-santé ;
  • 20 % en sciences humaines ;
  • 14 % en sciences sociales.

Les différents types de doctorats

Le doctorat simple

L’inscription et la soutenance de thèse ont lieu dans un seul établissement, et la thèse est réalisée sous la direction d’un seul directeur de recherche.

Le doctorat en codirection

Il y a deux directeurs de thèse : un dans le laboratoire principal, dans l’établissement d'inscription du candidat, et un autre, généralement dans un autre établissement, en France ou à l'étranger. Une modalité intéressante pour réaliser son doctorat dans le cadre d’une collaboration internationale.

Le doctorat en cotutelle

Il s'agit d'un doctorat en codirection qui permet de recevoir un diplôme de chacune des universités d’origine des 2 directeurs de thèse (et parfois d’un seul diplôme conjoint, avec le nom des 2 établissements). L’inscription se fait dans les 2 structures par le biais d’une convention.

Le doctorat en entreprise (CIFRE)

Le dispositif CIFRE (Convention industrielle de formation par la recherche) permet de faire son doctorat dans une entreprise, en lien avec une université publique. Dans ce cas, le doctorant cumule un directeur de thèse, professeur d’université, et un encadrant dans l’entreprise. Il est salarié de l’entreprise, qui de son côté reçoit une subvention de l’État, et à la fin de sa thèse il est diplômé de l’université.

Le doctorat européen conjoint

L' "European Joint Doctorat" a été mis en place par Horizon 2020, un programme de financement de la recherche et de l’innovation de l’Union européenne pour la période 2014-2020, dans le cadre des actions Marie-Sklodowska-Curie. Ouvert à tous les étudiants étrangers, il s’effectue au sein de trois établissements européens, dans trois pays différents.

Doctorat : modalités d'admission

Lieux d'enseignement : les écoles doctorales

Depuis l'arrêté du 7 août 2006, l'habilitation à délivrer le doctorat est conférée à un établissement par le fait d'être partie prenante d'une école doctorale accréditée. On compte 270 écoles doctorales, rattachées aux 2 500 laboratoires de recherche publique répartis sur l’ensemble du pays. Chacune d'entre elles fédère plusieurs laboratoires de recherche.

Procédure de sélection

Le doctorat est ouvert aux titulaires d'un diplôme national de master ou d'un autre diplôme (d'école de commerce ou d'ingénieurs, par exemple) conférant ce grade. La plupart du temps, il s'agit d'un master recherche (par opposition au master professionnel).

La politique de choix des doctorants est définie et mise en œuvre par chaque école doctorale. Les directeurs de thèse et d'unité de recherche potentiels se prononcent sur la candidature, laquelle est ensuite mise en délibération au sein du conseil de l'école doctorale. Puis l'inscription est proposée par le directeur de l'école doctorale à son homologue de l'établissement habilité à délivrer le doctorat (généralement université, mais aussi grande école).

Contenu de la formation de doctorat

La préparation de la thèse de doctorat s'étend normalement sur trois ans (sur six ans maximum lorsque le doctorant a une activité salariée). Il s'agit de mener un travail de recherche inédit sur un thème au choix du candidat, et en lien avec l'orientation de son master.

Les doctorants effectuent leurs travaux sous le contrôle et la responsabilité d'un directeur de thèse (ou deux, dans le cadre d'une codirection). Ces fonctions peuvent être exercées par des professeurs des universités, des personnels des établissements d'enseignement supérieur ou des organismes ou fondations de recherche, ou encore par des docteurs. Le tout, en rattachement avec une unité de recherche/un laboratoire, dont ils participent étroitement aux activités. Ils sont également incités à publier dans des revues scientifiques, nationales ou internationales.

En sus de leurs recherches académiques, les doctorants doivent généralement suivre des formations d'accompagnement et/ou participer à des enseignements, des colloques et des séminaires (en méthodologie, communication, rédaction d’articles scientifiques, création d’entreprise, propriété intellectuelle, etc.), ainsi qu'à des missions ou stages organisés dans le cadre de l'école doctorale. Ces formations complémentaires correspondent à quelque 150 heures de cours au total.

Contrat doctoral de droit privé 

La loi n° 2020-1674 du 26 décembre 2020 a créé le « contrat doctoral de droit privé ». Ce type de CDD peut être conclu par un salarié inscrit dans un établissement supérieur français afin d'obtenir un doctorat et de se voir confier des activités de recherche en lien avec son sujet de thèse.

La conclusion de ce contrat suppose l'accord préalable du directeur de thèse et du directeur de l'école doctorale. L'employeur signe une convention de collaboration avec le salarié doctorant et l'établissement d'inscription. Enfin, un référent est désigné par l'employeur pour accompagner le salarié doctorant dans ses travaux de recherche au sein de l'entreprise.

Le décret n° 2021-1233 du 25 septembre 2021 détermine les conditions particulières d’exécution du contrat doctoral de droit privé prévu par l’article L. 412-3 du Code de la recherche, les conditions de rédaction de la thèse, les conditions d’échange et de partage des résultats des recherches ainsi que les modalités selon lesquelles l’employeur participe à la formation du salarié doctorant à la recherche et par la recherche.

Doctorat : délivrance du diplôme

Lorsque le doctorant a accumulé suffisamment de matière, il rédige un mémoire de thèse, qui doit être validé par deux rapporteurs et qu'il présente ensuite oralement devant un jury composé de chercheurs confirmés du (ou des) domaine(s) abordé(s). La soutenance de thèse est généralement publique.

Les formes et la durée de la soutenance varient selon les disciplines :

  • dans les "sciences exactes", la soutenance est courte (45 minutes d'exposé, suivi d'une séance de questions de durée variable, consistant principalement à résumer et à discuter des méthodes développées et des résultats obtenus) ;
  • dans les sciences humaines et sociales, la soutenance est plus longue (4 heures environ) et plus formelle. 

La thèse est ensuite publiée par l’université.

Après le doctorat

Des débouchés dans le public et dans le privé

Le titulaire d'un doctorat peut devenir maître de conférences ou chercheur dans un établissement public (INRAE, INRIA, CNRS, etc.). Il peut aussi partir travailler dans le secteur privé, en France ou à l'étranger.

Une qualité d'insertion contrastée selon les disciplines

Après un doctorat, la durée d'insertion est toutefois très variable selon les disciplines. D'après une enquête expérimentale publiée en décembre 2017 par le ministère de l’Enseignement supérieur de la Recherche et de l’Innovation, les docteurs sont 86,3 % à avoir trouvé un emploi un an après avoir décroché leur diplôme, et 90,4 % 3 ans après. Dans la grande majorité des cas, il s'agit d’un poste de cadre, mais pour seulement la moitié d’un emploi stable.

Si les conditions d’emploi sont qualifiées d’« excellentes » pour les diplômés de mathématiques, physique, sciences pour l’ingénieur, sciences et technologies de l’information et de la communication (TIC), sciences économiques et gestion, langues et littérature, elles sont, en revanche, « plus difficiles » pour les docteurs en chimie, sciences du vivant, sciences de la Terre et de l’Univers, espace, philosophie et art, histoire et géographie.

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